Le 18 août 1790, une fédération de gardes nationaux se tint dans la plaine de Jalès. Plusieurs milliers d'hommes venus de l'Ardèche et du Gard s'y réunirent pour prêter serment de fidélité à "la Nation, à la Loi et au Roi". Après la prestation de serment, les membres de l'État Major se rendirent au château de Jalès (Commanderie de l'Ordre de Malte), dont leur président Louis Bastide Malbos, maire de Berrias, avait obtenu l'autorisation d'utiliser le grand salon, pour y rédiger le procès verbal. C'est alors qu'éclata une altercation à cause d'affrontements entre catholiques et protestants. A la suite de dénonciations, le Département suspecta certains fédérés d'intentions anti-révolutionnaires. C'était l'époque où l'Assemblée commençait à trouver dangereux ces grands rassemblements de civils armés. Le 7 septembre, elle déclara d'ailleurs la délibération prise à Jalès "inconstitutionnelle, nulle et attentatoire aux lois" .

Quand, en février 1791, des nouvelles alarmistes arrivèrent au sujet de nouveaux troubles entre catholiques et protestants de la ville d'Uzès, un second camp fut convoqué dans la plaine de Jalès. Face à une assemblée houleuse, Louis Bastide Malbos supplia les autorités départementales de venir calmer les esprits. Mais, ce camp étant interdit, elles ne bougèrent pas. C'est finalement le Général Chastagnier de Burac, nommé à la tête de l'armée fédérative qui réussit à convaincre les gardes nationaux que le danger de guerre civile n'existait pas et qui dissout le camp.

Toutefois, les troupes de ligne soupçonnant une conspiration, se font conduire au château de Jalès par Louis Bastide Malbos, et bien qu'elles n'y trouve pas les armes cherchées, l'y arrêtent et l'emprisonnent à Pont-Saint-Esprit. Il en disparaîtra dans des circonstances non élucidées le 25 mars 1791, et on retrouva son corps dans le Rhône.