exploitation au 18ème siècle

 

Le 18 ème siècle n'a pas seulement développé les idées critiques contredisant la tradition et qui furent meurtrières pour le pouvoir royal, il a été aussi celui du développement de la curiosité scientifique et des activités industrielles. Les règles d'observation, d'expérimentation, de recherche qui pénétrèrent l'esprit de l'époque conduisirent à l'idée qu'une amélioration de la condition humaine par l'application de nouvelles techniques était réellement possible.  Un machinisme naissant, tourné vers un travail productif qui pouvait augmenter les richesses, fit ses premiers pas hésitants. Déjà, l'activité des ateliers de filature de soie, celle des fours à chaux, le travail des fondeurs, des forgerons, par exemple ne pouvaient plus se contenter de la valeur calorique du bois et se tournaient vers un producteur d'énergie jusque là délaissé: le charbon de terre. lampe de mineur
Dans notre région, des hommes cultivés comme l'abbé de Sauvages, M. de Gensannes ou Giraud Soulavie, appuyés par l'administration des états de Languedoc, menèrent des enquêtes minutieuses sur le terrain. On commençait à étudier et interpréter la formation, la composition des sols et leur capacité à fournir des gisements utiles et rentables, propres à l'exploitation. Cet essor des sciences de la Terre allait donner naissance à la cartographie géologique. Les savants furent suivis par des entrepreneurs actifs attirés par cette nouvelle occupation: arracher ses richesses au sol. A partir de cette époque, même si elles furent modestes, quelque peu désordonnées et éphémères, les sociétés minières qui allaient exploiter notre région préfigurèrent les caractères du régime industriel d'aujourd'hui.
Au cours de l'histoire, on a généralement reconnu que le propriétaire du sol possédait aussi le sous-sol. C'était d'ailleurs un adage du droit romain primitif. Les codes impériaux édictèrent plus tard des mesures régissant l'exploitation des mines mais, après l'effondrement de l'Empire Romain, on les oublia, et dix siècles s'écoulèrent ensuite sans connaître de véritables normes juridiques. C'est l'intérêt financier du pouvoir royal et le besoin de nouveaux impôts qui firent apparaître une nouvelle législation. Par un édit du 30 mai 1413, le roi Charles VI reconnut la liberté de recherche et d'exploitation minière moyennant le payement d'une indemnité au propriétaire "et le versement au Trésor Royal d'un dixième du revenu brut" . Cet édit fut régulièrement renouvelé par ses successeurs. Il concernait, en fait, surtout les mines métallurgiques. Le royaume de France, couvert de forêts, brûlait du bois à profusion. La production de charbon de bois était considérable: la plupart des forgerons l'utilisaient dans leur travail. Les mines de charbon de terre restèrent ainsi longtemps assez peu et mal exploitées. Le roi Henri IV les exempta même du paiement de la taxe royale, par ses édits de 1597 et 1601, pour en favoriser le faire-valoir.
La situation n'était plus la même au 18ème siècle. Le manque de bois dans certaines régions, les besoins croissant d'énergie par l'industrie déterminèrent, comme nous l'avons vu, la recherche du charbon de terre et son utilisation. Un de nos voisins de la Drôme, Barthélemy Faujas de Saint-Fond, qui allait être le premier professeur de géologie nommé officiellement en France, en 1793, insistait depuis longtemps sur son emploi: "...parce qu'un pays d'une aussi grande étendue, d'une population aussi nombreuse que celle de la France, sera forcé, lorsqu'il aura achevé de consommer ses bois, d'avoir recours à ce moyen..."
Mais aucune norme juridique réelle n'était alors définie. En fait, bien que le Roi possédât, en principe, le droit de jouissance sur les mines, celles-ci pouvaient être exploitées par les propriétaires du sol, comme des carrières, ou laissées à des concessionnaires, et nous savons que les du Roure affermèrent leurs mines, en 1733, pour une durée de 6 ans, à Jean Gadilhe qui lui-même les sous-louait.

Arrentement:

Le 30 mai 1733, a été présent, Sieur Jean Gadilhe, du lieu-dit Le Puech paroisse de Bane, tenir les mines de charbon que Monseigneur le Comte du Roure a dans la paroisse de Bane, lequel de son bon gré, baille à titre et sous-ferme à Jacques Maurin et à Jean Chazal du lieu des Brousses, ici présents, les mines de charbon que ledit Comte a dans la paroisse de Bane, et ce pour le terme de six années, pour et moyennant le prix et somme de trois cent trente livres chaque année.

Fait aux Vans - Martin, notaire.

Mais "le bon plaisir" de Louis XIV créa la confusion lorsqu'il accorda à la Duchesse d'Uzès le droit de disposer de toutes les mines du royaume. Droit tout théorique et qui ne fut qu'éphémère, mais qui éveilla les chicanes et entraîna une suite interminable de contestations et de procès.
A Banne, le droit accordé aux habitants par Jacques de Bane, en 1606, de prendre et tirer du charbon dans certains lieux, fut remis en cause par la famille du Roure; car une réaction nobiliaire très nette s'est manifestée au 18 ème siècle. De nombreux édits de l'époque, comme ceux concernant la clôture des terres, les biens communaux, le glanage ou le défrichement permirent la révision des terriers (registres qui contenaient le dénombrement des droits du seigneur) et la reprise d'anciens privilèges tombés en désuétude.
Nous percevons d'ailleurs, à travers les pièces et correspondances laissées par Me Guez, l'état de tension qui a opposé, avant la Révolution, les du Roure et leur administration à la communauté de Banne. Une lettre du 1er novembre 1755, venant de M. Baissac greffier des Vans, montre qu'il a été chargé "de la procédure des mines de charbon de pierre". A la même époque, Jacques Rieutord de Pigère, fut poursuivi "pour entreprise aux charbonnières de Banne ". Le 1er juin 1759, Me Guez se rendit à Nîmes "pour solliciter le jugement des mines de charbon contre Jacques Rieutord et autres". Un état des frais de la même année nous fait également savoir qu'une procédure fut "faite d'autorité du sénéchal de Nîmes contre le Sieur Fabre, Notaire, et Jacques Platon son fermier, pour dégradation faite dans le bois des Bartres, de Monseigneur le Marquis du Roure".
Cette sévère reprise en main a entraîné des actes de malveillance contre Me Fabrégat qui gérait les biens de la famille seigneuriale à Banne. C'est ainsi qu'en 1759 on lui détruisit de jeunes mûriers. M. Bourget, administrateur général, l'informa qu'il avait remis à la Comtesse un petit mémoire sur ce sujet. Elle le présenta au Maréchal de Thomond et celui-ci fit répondre "qu'il ferait mander les consuls de Banne" pour mettre le notaire et sa famille sous leur garde, et les rendrait même responsables de tout ce qui pourrait arriver sur leurs personnes et sur leurs biens. Ce qui nous montre que la charge des consuls, alors déjà lourde de responsabilités, concernait également l'ordre et la tranquillité publique. Dans la France des derniers Bourbons, les brigades de maréchaussée ne formaient pas, comme de nos jours, la Gendarmerie, un réseau serré implanté sur tout le territoire. En Vivarais, seuls trente six hommes à cheval, soit neuf brigades composées de quatre hommes et de quatre chevaux, sous les ordres de deux exempts (officiers de police) trois brigadiers et deux sous-brigadiers, étaient stationnés à Joyeuse, Villeneuve-de-Berg, Aubenas, Privas, Montpezat, Tournon, Chalencon, Le Cheylard et Annonay.
Les du Roure étaient alors à leur apogée. Au moment qui nous intéresse, Louis Claude Scipion, époux de Victoire de Gontaut-Biron, sœur du Maréchal du même nom, était décédé. Leur fils aîné, Denis-Auguste, avait été placé sous tutelle jusqu'à sa majorité et sa mère avait géré, et gérait toujours l'important patrimoine familial, car son fils, maintenant majeur, Marquis et colonel du Régiment Dauphin-Infanterie, était pris par ses charges à la Cour et à l'Armée.  Elle échangea une importante correspondance avec Me Guez dans la gestion des affaires de sa maison. Intelligente, probablement prompte d'esprit, elle intervint parfois avec générosité dans certaines circonstances, mais on la devine aussi tenace et très ferme à la lecture de quelques-unes de ses lettres. Dans une correspondance à Me Guez, datée du 12 septembre 1762, elle exprime nettement sa pensée au sujet de l'affaire des mines de Banne: "Les particuliers qui ont succombé dans le procès au sujet des mines de charbon de terre ont-ils payé? Vous m'avez écrit dès le mois de mai que les taxes des dépenses étaient faites et que vous alliez avoir les exécutoires. Ils ne méritent aucun délai. Il faut leur apprendre, et au public, à ne pas plaider témérairement en ne leur donnant point de délai lorsqu'ils ont voulu usurper le bien de leur seigneur".
La Révolution, bien sûr, changea les données et les deux parties soumirent sagement le litige à un jurisconsulte plutôt que d'engager un procès long et coûteux. Les du Roure versèrent à la communauté de Banne 8779 livres 9 sols, à la Saint-Michel 1792. L'administration royale tenta bien d'édicter des règlements. Ils furent sans cesse renouvelés parce que, nous dit l'un d'entre eux: "les précautions prises par les premiers n'étaient pas suffisantes". Cette administration, en réalité, était incapable d'adapter ses structures vieillies aux besoins nouveaux. Les statuts des corporations, les monopoles, les privilèges, les règles étroites du travail étaient autant d'entraves qui s'opposaient au progrès technique comme à leurs exigences. Cependant, à la suite d'un rapport établi par le contrôleur général des finances, Philibert Orry, et parce que les mesures protectionnistes prises par le gouvernement royal ne parvenaient pas à réduire le concurrence du charbon anglais, un arrêt du Conseil du Roi, daté du 15 juin 1741, ordonna: "... que tous ceux qui exploitent actuellement, ou prétendent avoir droit d'exploiter des mines et minières, remettront dans les six mois aux mains des Sieurs Intendants de la Province ou Généralité dans laquelle lesdites mines et minières se trouvent situées, copie dûment collationnée des Lettres Patentes, Arrêts, Concessions, Privilèges et autres titres qui leur auront été accordés; ensemble un mémoire dans lequel le ils exposeront sommairement l'état présent de leurs entreprises, la quantité, espèce et qualité des matériaux qui ont été tirés dans le cours de l'année dernière, les mines qu'ils exploitent et le nombre des divers ouvriers qui y sont actuellement employés...".
Renouvelé avec de nombreux articles très précis, en 1744, cet arrêt rencontra chaque fois la négligence, sinon l'opposition des propriétaires et des exploitants de mines; L'administration provinciale, elle même, resta réservée dans l'application de ces mesures. Guignard de Saint-Priest, Intendant du Languedoc, écrivit lui-même au Marquis de Pierre-Bernis, le 17 novembre 1756, et au sujet des mines cévenoles: " Je sais, à la vérité, qu'on exploite des mines sans permission, mais il m'a paru que le bien de la chose demanderait qu'on ferma les yeux jusqu'à ce qu'on eût trouvé quelques autres moyens de suppléer à la suppression de l'exploitation dans ces conditions".
Cependant, dans le paragraphe: "Vivre à Banne au milieu du 18ème siècle" Christian LAGANIER a noté qu'il n'avait pas trouvé mention d'ouvriers mineurs dans les registres consulté. Il semble, en effet, que la galerie de La Combe, proche du village et ouverte peut-être à partir d'un affleurement, n'a été exploitée qu'occasionnellement durant la plus grande partie du 18ème siècle, par des ouvriers temporaires, vraisemblablement surtout pour alimenter des fours à chaux qui se trouvaient près du Fort (peut-être depuis le 17ème siècle, car on ne rebâtit pas un château sans mortier. Et ce bel et vaste édifice en a demandé d'énormes quantités, à une époque où les matériaux se prenaient sur place à cause des difficultés de transport sur un réseau de chemins à peine praticables pour les charrois).
Des affairistes actifs, préoccupés de profits, recherchèrent ce moyen d'exploiter un manque de clarté juridique qui résidait à la fois dans les carences de la législation et dans les nombreuses influences qui jouaient à la Cour des rôles contradictoires, en faisant parfois multiplier les solutions sur une même affaire selon qu'elle était prise en main ou reprise par tel ou tel seigneur ou haut personnage. C'est ainsi que l'on vit apparaître en Languedoc l'industriel et homme d'affaires Tuboeuf, lié au Ministre des Finances Bertin et recommandé à l'Intendant de la Province. Après avoir obtenu en 1771 le privilège royal d'exploiter les mines de charbon aux environs de Pont-Saint-Esprit, il se vit attribuer, le 17 avril 1773, une concession générale trentenaire des mines de houille de Saint-Ambroix, Alès et du pays compris entre Pont-Saint-Esprit, Laudun, Uzès, Anduze, Villefort, Aubenas et Viviers.
Excellent minéralogiste, très au courant de l'art des mines, administrateur rigoureux, Tuboeuf reprit ou fit ouvrir des mines sur sa concession. On adoptait alors, en France, les techniques allemandes et anglaises plus avancées. L'usage de coins pour l'extraction en place de la pioche habituelle qui brisait et détériorait le charbon, la remontée de celui-ci dans des seaux tirés par treuil, son transport par brouette au lieu du portage en sacs, l'emploi de wagonnets en certains endroits lui permirent d'améliorer considérablement les rendements. Mais la réussite attira les convoitises. Un long conflit l'opposa aux seigneurs et propriétaires du sol. Les concessionnaires anciens, se sentant appuyés, opposèrent une vive résistance et reçurent ses agents le fusil à la main. Il fut lui-même blessé dans une échauffourée. D'autre part, les luttes d'influence continuaient à la Cour. L'autorité du Maréchal Marquis de Castries, Ministre de la Marine, acheteur et co-seigneur du Comté d'Alès en 1777, l'emporta sur celle de l'administration royale. Certaines concessions furent révoquées et, en 1784, "la plupart furent retirées au Sieur Tuboeuf pour être confiées... au propriétaire de la vicomté de Portes... Monsieur, frère du Roi".
Les évènements se déroulèrent plus calmement à Banne. Les du Roure n'acceptèrent évidemment pas la dépossession et nous trouvons, dans les pièces de Me Guez, un état du déboursé "de l'affaire du Comte du Roure contre M. de Tuboeuf, entrepreneur des mines de charbon de pierre" . Il est daté du 2 avril 1776 et se monte à 8 livres 14 sols 9 deniers. Mais l'habile notaire sut négocier puisque la Comtesse lui écrivit plus tard, le 4 août 1780: "...Ce que je vous ai mandé à l'égard des mines, c'était en supposant qu'il y en eût de nouvelles à ouvrir et je suis persuadée que l'arrangement que vous avez fait avec M. Tuboeuf pour les anciennes est le meilleur que l'on pût faire..." . Le Sieur Tuboeuf, qui semble avoir été de petite noblesse, administra les mines de Banne durant une dizaine d'année, à la fin du 18ème siècle, en plaçant à leur direction un ecclésiastique !
Nous avons vu que la curiosité scientifique et les activités industrielles qui se développèrent un 18èmè siècle ont entraîné la recherche et l'exploitation de la houille. Après la rédaction d'un mémoire de l'abbé de Sauvage consacré aux terrains houillers du Vivarais et de l'Uzège, et remis en 1747 à l'Académie des Sciences, les États du Languedoc chargèrent M. de Gensanne d'étudier les gisements miniers de la Province. Ce qu'il fit à partir de 1769. Il publia plus tard une importante "Histoire naturelle de la Province et de Languedoc" et l'historien ardéchois, Charles-Albin Mazon, en a relevé au siècle dernier des extraits qui intéressent notre curiosité :

Dans le tome 1 paru en 1775: "Il y a quantité de très bonnes mines de charbon de terre dans la paroisse de Banne au lieu appelé La Pigère; il y a quelques années qu'on avait commencé l'exploitation de ces mines, mais elles furent abandonnées à cause des eaux qui y incommodaient beaucoup. Le Sieur Tuboeuf, sur notre avis, en a repris le travail par une galerie d'écoulement, qu'il a pratiqué au bas de la montagne, et qui l'a conduit à une veine de charbon de dix-huit pieds d'épaisseur et de meilleure qualité".
Dans le tome 4 paru en 1778: "Dès le lendemain de cette conversation, je partis avec le Sieur Tuboeuf et l'emmenai au lieu de La Pigère, près des Vans. J'avais remarqué dans cet endroit une forte veine de très bon charbon... On convint dès le même jour avec le propriétaire du terrain, qui offrit à M. Tuboeuf toutes les aisances qui dépendaient de lui, et peu de jours après on y établit des mineurs. Cette mine, aujourd'hui en pleine exploitation, est du plus grand secours dans tout le voisinage où ces charbons sont non-seulement employés à la cuisson des chaux et aux filatures des soies, mais où nombre d'habitants en font usage pour leur cuisine et autres usages domestiques".

Nous avons déjà vu que l'affaire ne fut pas aussi simplement réglée puisqu'un procès était en cours entre le du Roure et le Sieur Tuboeuf, en 1776, avant qu'un arrangement n'intervienne entre les deux parties. Le Sieur Tuboeuf, également dénommé Pierre de Tuboeuf dans certains documents, détenait des concessions non seulement en Languedoc mais encore dans le Rouergue. Il fit venir d'Alsace des mineurs expérimentés pour encadrer les ouvriers locaux. Dans un essai publier en 1869, Jacques Malinowski, admiratif, a écrit que "les exploitations pratiquées jusqu'alors sans ordre et sans ensemble commencèrent à prendre une allure régulière, digne de l'époque de la civilisation et de la grandeur de la nation française". Mais Pierre de Tuboeuf avait aussi besoin d'administrateurs. Nous savons, par une note de la direction de la Revue du Vivarais, que l'on trouve dans les registres paroissiaux de Chambonnas, à la date du 25 septembre 1779, la sépulture d'un enfant de 5 mois "de Sieur François Marie Cajon, directeur des mines royales de Pigère".Plus tard, durant un court séjour qu'il fit à Abeau, Pierre de Tuboeuf fit venir l'abbé de Bréard. Le cas n'était pas rare à cette époque. Car si l'Église Catholique manque aujourd'hui de prêtres, il y en avait surabondance au 18èmè siècle et certains d'entre eux, tout en observant la vie religieuse, remplissaient des emplois d'administration.
Dans un rapport adressé à l'Intendance de Languedoc, le 8 décembre 1783, l'abbé de Bréard nous a laissé un des rares textes de l'époque concernant la mine de Pigère: "Toutes les exploitations se font avec des chiens, traîneaux ou brouettes suivant que l'exigent les ouvrages et dans toutes les ouvertures on a rencontré d'anciens ouvrages qui ont beaucoup incommodés. Depuis le 1er octobre 1782 jusqu'à celui de la présente année 1783 on a extrait 11725 quintaux de charbon Il y en a en différents territoires, tous situés dans la paroisse de Banne, une quantité prodigieuse de très bonnes veines de charbon qui sont intactes à l'exception de quelques unes où les paysans en ont pris la superficie pour faire de la chaux. Les prix des charbons de Banne sont: charbon à chaux, 4 sols le quintal ; charbon à forge,6 sols ; charbon à fabrique, 8 sols. La consommation s'en fait dans le diocèse de Viviers." A quoi nous pouvons ajouter un court extrait d'un rapport du subdélégué d'Aubenas, daté de 1786: "...On l'utilise dans les forges, les fours à chaux, les appareils de chauffage des coconières et ceux des filatures. Les muletiers le transportent même jusqu'à Génolhac pour les forges des couteliers."
Sous-concessionnaire de plusieurs exploitations minières cévenoles, l'abbé de Bréard ne fut pas, semble-t-il, un administrateur sans reproches: des différends l'opposèrent à Pierre de Tuboeuf. D'autre part, celui-ci continua de rencontrer des hostilités actives et des désagréments, des intimidations, des voies de fait qui l'entraînèrent dans des procès que nous rappellent les documents de l'époque que nous possédons. Découragé, il décida, à la veille de la Révolution, de porter ailleurs ses activités, puis s'embarqua pour "les Amériques", reprit ses recherches, prospecta plusieurs sites ... et fut massacré dans une embuscade tendue par les indiens.


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