l'école de l'Oume

ÉCOLE DE L’OULME OU DE L’OUME OU DE L’ORME
(improprement écrit Houme sur le cadastre)

ÉCOLE LIÉE A L’EXPLOITATION DES MINES DE CHARBON DE BANNE


L’ouverture de la ligne du chemin de fer PLM Robiac-Le Teil en 1876 qui facilitait l’évacuation du charbon, permit une relance de l’exploitation du charbon dans les mines de Banne.Ainsi, à partir de 1877, la Compagnie Houillère de Banne, en réalisant le chemin de fer minier de la vallée du Doulovy qui désenclava la concession de Sallefermouse en la reliant à la ligne PLM, put réaliser dans cette dernière concession de nouveaux chantiers d’extraction du charbon. Elle créa de la sorte de nombreux emplois qui augmentèrent la population en particulier dans les hameaux situés dans le bassin houiller de Banne et éloignés en moyenne de 4,5 km du chef-lieu : Le Mazel, Montgros, Pigère, Le Belvézet, Garde Giral, Mas de l’Oume, Mas de l’Air, Sallefermouse, Le Coucourdier, La Vernède, La Blacherette, La Boudène, Plate Molière.Aussi, devant l’arrivée de ménages d’ouvriers étrangers à la commune employés aux mines de charbon (le nombre de mineurs résidant dans la commune de Banne passa de 14 dans les années 1872-1876 à 104 en 1881), le conseil municipal de Banne demanda le 3 août 1879, la création à Pigère, d’une école mixte de hameau qui devait recevoir en moyenne 25 à 30 élèves. L’autorisation fut accordée le 17 décembre 1879 par décision du Ministre de l’Instruction Publique. Elle fut installée au premier étage dans l’ancien mas de l’Oulme, le point le plus central. La Compagnie Houillère de Banne fournit le prix du loyer, le chauffage, une bonne partie du mobilier et une subvention annuelle de 100 francs. Elle fut dirigée par une institutrice laïque au traitement de 650 francs par an, assuré au moyen des ressources suivantes :

Subvention de la Compagnie Houillère 100 francs
Rétribution scolaire 200 francs
Subvention du département 350 francs
Total 650 francs


Mais en 1907, devant le très mauvais état de l’école, tant la salle de classe que le logement de l’institutrice et le danger permanent pour les élèves que représentait l’escalier à l’inclinaison très prononcée qui donnait accès à la classe, le conseil municipal demanda à l’administration d’autoriser les travaux de construction d’une nouvelle école dont les plans avaient été approuvés le 29 juillet 1906. Mais les décisions de l’administration étant toujours très lentes, le conseil municipal dut renouveler, en 1909, sa demande de subvention à l’État pour la construction de cette école. Finalement l’inauguration eut lieu le 24 septembre 1911 suivie d’un pantagruélique banquet. Le conseil municipal considérant que la majorité de la population du quartier desservi par cette école serait heureuse que l’inauguration soit faite avec une certaine solennité, vota une somme de 250 francs pour les dépenses engendrées par cette manifestation.

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Hors d’œuvre
Jambon d’York
Pâté froid
Salade russe
Tête de veau naturel
Poulet à la paysanne
Haricots verts à l’Anglaise
Cailles rôties
Desserts assortis
Vin de Banne
Bordeaux

Le terrain où fut construit le bâtiment scolaire, ne fut acheté à M. Pagès Nicolas en l’étude de Maître Vaschalde, notaire à Saint-Paul-le-Jeune, que le 18 octobre 1911, pour la somme de 120 francs.La construction de l’école coûta 11.200 francs. Cette somme fut obtenue ainsi :
6.270 francs par une subvention allouée à la commune de Banne par le ministre de l’Instruction Publique le 19 mai 1910.
4.930 francs au moyen d’un emprunt contracté au Crédit Foncier de France au taux de 3,85 pour cent et pour une durée de trente ans à partir du 1er janvier 1911.

Cette école qui avait été créée grâce au développement des mines de charbon, ne perdura que quelques années après la fermeture définitive de ces mines qui eut lieu en 1950.
Elle fonctionna jusqu’en 1959. L’ouverture des classes le 15 septembre ne se fit pas. L’institutrice d’alors, Mme André demanda à conserver le logement de fonction. Le conseil municipal fixa par bail verbal le prix de la location à 10.000 francs par an.
Auparavant, le 25 avril 1959, le conseil municipal de Banne, désirant garder au bâtiment son caractère éducatif, avait demandé que l’école de l’Oulme, située dans un site tout à fait particulier, tant du point de vue calme que sanitaire, serve à l’implantation d’une des classes de perfectionnement (filles ou garçons) dont la création était envisagée aux Vans, d’autant qu’il existait la possibilité d’installation d’une cantine.
Si cette solution ne pouvait pas être retenue, le conseil municipal avait proposé qu’une “ classe climatique ” puisse être installée.
L’ancienne école de l’Oulme devint par la suite un café, un lieu d’hébergement pour adolescents difficiles, un local locatif d’habitation. Elle abrite actuellement un atelier d’ébénisterie.NB : Je tiens à faire une mise au point sur l’orthographe du mot “ Houme ” ; Le mot occitan OLM qui signifie orme a donné avec la prononciation du O en OU : oulme ou à la rigueur oume.
Ce mot a été improprement écrit par la suite houme avec un H superflu, peut être pensant au français homme. Or l’occitan òme (homme en français) a un Ò avec un accent qui doit se prononcer O et non OU et se dit donc : ome et non oume.
C’est pourquoi j’ai écrit “ improprement écrit Houme sur le cadastre ”.
Oulme qui signifie orme et non Houme qui ne veut rien dire.


Christian TARDIEU